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Show don’t tell en profondeur

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Aujourd’hui, le retour d’un concept important dans le monde de l’écriture, le fameux Show don’t tell. Quand vous écrivez un roman, le Show don’t tell, c’est un peu le truc à la mode.

Dès lors que vous commencez à écrire et que vous (ou d’autres) jetez un œil critique à vos écrits, vous entendez cette phrase, parfois comme une sentence. Show, don’t tell.

Mais comme beaucoup de choses ou d’expériences dans la vie, quand plus expérimenté que nous nous assène un adage comme une perle de sagesse ayant traversée les siècles, nous avons tendance à la croire, et le tout sans la passer au prisme de notre réflexion.

C’est ce que j’ai fait moi-même. L’article qui précède celui-ci est déjà au sujet du Show don’t tell. Je l’ai écrit il y a longtemps et depuis j’ai évolué, plusieurs de mes romans ont vu le jour et ma façon de voir et de faire a évolué. C’est ce que je vous propose de lire dans la suite de cet article.

show don't tell

Show don’t tell Kesako ?

Je ne vais pas vous faire des heures sur la définition. C’est plutôt simple à comprendre. Show don’t tell veut littéralement dire : Montre-moi, ne me dis pas. Il faut comprendre par là que la description vaut mieux que la simple énonciation.

Un exemple valant mieux que mille mots :

  • Tell : Joséphine était une belle femme aux yeux magnifiques (et accessoirement elle faisait l’ange gardien ;-) )
  • Show : Les cheveux  d’or de Joséphine cascadaient dans sa nuque, rehaussant les formes parfaites de son visage délicat. Cet écrin de soie faisait ressortir ses yeux comme deux perles de jade en amande.

La différence saute aux yeux. Le Tell dit ce qu’il voit d’une manière froide. Cette fille est belle. Untel est en colère. etc. Le Show lui, il décrit, il se languit en prenant soin de faire naître en vous des images et parfois des sensations. J’aurais pu en faire des tonnes en parlant de son parfum, de son rire etc.

Voilà ce qu’est le Show don’t tell.

Certains écrivains connus l’utilisent à outrance, comme Chuck Palahniuk qui s’interdit carrément l’usage de certains mots comme croire, penser etc. Mais sans aller jusqu’à de tels extrêmes ; est-ce que le Show don’t tell est vraiment valable ?

Show don’t tell, oui mais…

show don't tell bullshit

Oui mais pas forcément. C’est vrai que vous entendrez souvent cette phrase et que le conseil sera au moins aussi souvent judicieux, et pourtant pas tout le temps.

Des voix (sic, pas que la mienne) s’élèvent contre l’usage à la Palahniuk du Show don’t tell. O.K, j’exagère un peu, chacun fait ce qui lui plait, mais disons simplement que tout le monde ne voit pas la chose de la même manière.

Mes propres écrits alternent entre Show et Tell selon le moment de l’histoire, la tension de la scène, voire même son importance. En ce qui me concerne c’est là le juste milieu.

Comme vous avez dû le remarquer, mon exemple précédant de Show et de Tell, hormis la différence visible entre décrire et dire, c’est la longueur. Show est gourmand de mots.

Et alors me direz-vous ? C’est un livre, t’as pas de budget comme au cinéma alors peu importe le nombre de mots, de pages.

Certes, mais en terme de qualité d’histoire, de confort de lecture pour le lecteur, l’impact est différent.

Je vais citer James Scott Bell… :

« Show don’t tell ne doit pas être appliqué à tous les moments de l’histoire« , selon James Scott Bell. « Parfois l’écrivain prend un raccourci pour aller directement à la partie charnière de l’histoire ou de la scène. Show consiste essentiellement à rendre les scènes vivantes. Si vous le faites constamment les scènes importantes qui sont censées se démarquer ne le feront pas et vos lecteurs seront épuisés. »

Je trouve cela tout à fait juste et c’est ce que j’utilise le plus. Et pour enfoncer le clou, voici ce qu’en pense Orson Scott Card dans Character and Viewpoint :

« Show doit être utilisé pour les scène dramatiques, mais parfois, ce qui se passe entre ces scènes doit juste être dit pour que l’histoire progresse. Show est si terriblement long qu’il doit juste être utilisé pour les scènes dramatiques. L’objectif est de trouver le juste équilibre… »

Voilà tout est dit ou presque. Un grand coup de lifting de mon article précédent. Si vous avez des questions n’hésitez pas.

A vos plumes.

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Une réflexion au sujet de « Show don’t tell en profondeur »

  1. célia

    Ce n’est pas seulement ça. Le « Show Don’t Tell » veut surtout dire « prouves le ». Alors des fois tu n’as pas besoin de prouver parce que tu en as déjà montré des petits bouts icic et là. La preuve a déjà été apportée, il y a d’autres détails que tu n’as pas besoin de prouver.
    Mais si tu écris une histoire fantastique (qui se passe donc dans notre monde réél à nous). En gros « je lis ton livre, et je suis prête à croire ce que tu me dis, mais si tu passes ton temps à dire que ton perso est hyper intelligent et que depuis le début il utilise un raisonnement à peine plus élaboré que celui d’une personne lambda, perso je cris au foutage de bouche. De même que dire qu’un personnage a eu un raisonnement très complexe tout en ne nous donnant que le résulat me fait penser « tricherie ».
    Il est là l’intérêt du Show Don’t Tell pour moi, c’est que je veux bien faire des efforts mais je ne crois pas à tout ce qu’on me dit

    Répondre

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