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Écrire la scène d’un roman est quelque chose qui demande beaucoup d’attention. Parmi les études faites sur le sujet, celle de Dwight V. Swain est excellente. À travers ce qu’il appelle « Scene et Sequel » (que j’ai traduit par Scène et Conséquences) nous allons voir le modèle en 3 parties qui permet de créer des scènes qui fonctionnent. Ces modèles sous-tendent la plupart des romans à succès.

Qu’est-ce qu’une scène ?

La scène est à la base de votre roman. C’est la plus petite unité de mesure en somme. J’aime bien penser le roman comme un fractal. Vous savez, ces formes qui conservent toujours le même motif quelle que soit l’échelle ? Le roman c’est pareil. Peu importe que vous le contempliez de haut, sur toute sa structure, ou de plus près à l’échelle de la scène, il se compose de structures assez identiques.

Mais revenons à la scène. C’est donc la plus petite unité de mesure. Un chapitre peut comporter une ou plusieurs scènes, mais ces dernières vont souvent véhiculer une seule idée, une action, un nombre de personnages induit par l’intrigue. Pour déterminer donc la fin d’une scène, il suffit que soit mis fin à un de ces éléments. Mais qu’écrire ensuite ?

 

La scène parfaite ?

Je ne vais pas vous resservir le couplet sur la perfection, vous le connaissez par cœur. Personne ne peut avoir toujours le mot juste, la tournure parfaite. Et puis tout ceci est affaire de goût. Si le style est abstrait, la structure est en revanche bien plus concrète. Le style se travaille bien entendu, mais pour cela il faut autre chose qu’un article de blog. Nous allons donc nous concentrer uniquement sur la structure de la scène.

L’émotion à la base de la scène

L’émotion est bien à la base de la scène et donc de tout le roman. Ce qui fait qu’un lecteur lit (dévore) votre roman, c’est que celui-ci lui procure des émotions intenses. Dans la romance, il doit sentir son cœur se serrer comme l’héroïne qui tombe amoureuse, dans un thriller, il doit mourir de peur pour le héros en danger de mort. Vous devez à tout prix parvenir à créer ces émotions. Plus vous y arriverez, plus vous accrocherez votre lecteur.

 

Scène, scène et conséquences, késako ?

Avant de vous révéler le modèle promis, tout d’abord un peu de cuisine interne. La scène, avec un petit « s », signifie la scène en tant qu’unité de mesure. En revanche, quand j’écrirai Scène (S majuscule) et Conséquences, cela signifiera qu’il s’agit du modèle.

Bien.

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Les deux modèles de scène

La méthode n’a rien de très compliqué en réalité. Comme vous l’aurez compris, il n’y a donc que deux modèles à l’intérieur de la scène : La Scène et les Conséquences.

La Scène suit le modèle suivant en 3 parties :

  1. Le but
  2. Le conflit
  3. Le désastre

Les Conséquences suivent le modèle suivant en 3 parties:

  1. La réaction
  2. Le dilemme
  3. La décision

C’est tout ? Oui, c’est tout. Je vous l’avais bien dit que cela n’avait rien de très compliqué. Cela peut paraître simple, en effet, et pourtant nombre d’auteurs fonctionnent ainsi. Mais voyons un peu plus ces modèles en profondeur.

Il faut comprendre, avant de commencer, qu’il faut se placer du côté du personnage point de vue. Le personnage point de vue, c’est celui au travers duquel l’action est racontée, vue, ressentie, etc. C’est important pour assimiler ce qui suit. Donc, quand je parlerai de personnage, c’est ce fameux personnage point de vue (PDV).

 

Le but : C’est tout simplement ce que votre personnage veut. L’intrigue en mouvement le pousse à atteindre ce but. C’est ce qui donne envie aux lecteurs de suivre ses aventures. Et puis sans conflit, sans but né de ce conflit, point d’histoire.

Le conflit : Évidemment, pour atteindre ce but (celui de la scène comme celui du livre), son chemin sera semé d’embûches. Ne donnez rien de tout cuit à votre héros, il doit batailler.

Le désastre : Ce n’est rien de plus que son échec à atteindre le but. Vous ne pouvez pas lui donner ce qu’il veut. Sinon le lecteur peut aussi bien refermer le livre tout de suite. Laissez votre personnage dans les ennuis et vous serez assuré que les pages se tourneront toutes seules.

 

Et naturellement, après l’enchaînement de ce modèle en 3 parties, vient le suivant, les Conséquences.

 

La réaction : C’est la réaction viscérale au désastre qui précède. Montrez la souffrance de votre personnage. Il est dans la réaction aux événements, pas encore dans l’action.

Le dilemme : C’est le spectre de choix qui se présente à lui. Et choisir ne sera pas facile. Il se retrouve dans la panade, souvenez-vous, et devant le peu d’options satisfaisantes qui s’offrent à lui, il choisira la moins mauvaise. Cela laisse toujours le lecteur dans l’inquiétude de ce qui va lui arriver et c’est une bonne chose pour l’intérêt de votre livre. Le lecteur est impliqué, il s’inquiète pour votre personnage. Le dilemme est un peu comme une question. Le personnage s’interroge sur le meilleur choix à faire. Et ce n’est pas reluisant…

La décision : La décision est la réponse à cette question. Cela remet le personnage dans l’action. Votre personnage doit faire un choix, c’est votre héros après tout. Dans l’idéal, le choix doit être risqué, à l’issue incertaine. Et maintenant, votre personnage a un nouveau but. Vous allez pouvoir commencer une nouvelle Scène.

Et l’histoire recommence. La ronde des Scènes et Conséquences continue de tourner encore et encore tout au long de votre roman. Tout ceci est imbriqué, organique. Chaque partie travail pour l’autre. Une Scène mène à une Conséquence et ainsi de suite jusqu’à la fin. Tout est donc interconnecté. Si bien qu’il devient impossible de retirer l’un de ces éléments. Le désastre crée un dilemme. Le dilemme force le personnage à prendre une décision. Et cette décision dessine le but de la prochaine Scène.

C’était donc la structure de la scène. Mais maintenant, il vous reste à l’écrire. Heureusement, nous verrons aussi une structure pour cela dans l’article :  » Écrire une scène qui fonctionne ».

 

 


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