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Comment choisir le bon antagoniste pour votre roman ?

 

L’antagoniste n’est peut-être pas la raison pour laquelle vos lecteurs choisissent votre livre ou celle pour laquelle vous vous précipitez voir votre prochain film, mais il est finalement la raison pour laquelle votre protagoniste (votre héros) existe. Il lui donne une raison d’entrer en action, de se surpasser et de mettre donc en mouvement l’histoire.

Alors nous devons apporter le même soin dans leur création que nous le faisons avec notre personnage principal. Si votre protagoniste affronte un antagoniste bidon, l’attrait pour votre histoire sera moindre et les enjeux pas à la hauteur.

Ils se complètent. Pris séparément, ils peuvent ne rien avoir d’exceptionnel, mais une fois mis en relation…

Mais il ne suffit pas de créer un « méchant et un gentil » et de les jeter les uns contre les autres. Il faut les penser ensemble dès le début et rien de mieux pour cela que le thème.

Il existe de nombreuses façons d’aborder cette union de thème / protagoniste-antagoniste. L’un des meilleurs moyens est de s’inspirer de l’arc de personnage de votre protagoniste. Si vous savez comment votre personnage le plus important sera thématiquement impacté par les événements de l’intrigue, alors vous serez en mesure de déterminer comment choisir le bon antagoniste, celui qui impacte et est impacté par les changements de votre protagoniste.

5 différents types d’antagonistes

Avant de commencer à explorer comment les arcs de votre protagoniste et de votre antagoniste pourraient s’influencer sur le plan thématique, examinons d’abord quelques grandes catégories de forces antagonistes.

 

  1. Protagoniste contre société

Ici, nous avons un protagoniste qui affronte non seulement un individu, mais une ou la société entière. Il s’agit généralement d’une société corrompue comme dans Hunger Games par exemple. Cependant, même dans ce genre d’histoire, il est préférable de personnifier la société soit par un antagoniste charismatique.

 

  1. Protagoniste contre nature

Le protagoniste lutte contre les éléments, une catastrophe naturelle, etc. Ces histoires peuvent aussi introduire un ennemi humain, mais généralement il aura un rôle plus symbolique.

 

  1. Protagoniste contre soi

Très peu d’intrigues traitent de ce sujet. Même dans les histoires dans lesquelles le conflit interne du personnage est le point central, le conflit sera également extériorisé d’une manière symbolique. Souvent, les démons intérieurs du protagoniste sont représentés métaphoriquement par les différentes personnes que le héros rencontre tout au long du récit.

 

  1. Protagoniste contre protagoniste

La plupart du temps, lorsque nous entendons « protagoniste » et « antagoniste », nous pensons « gentil » et « méchant ». Mais ce n’est pas vraiment exact, car ces termes sont destinés à indiquer une fonction narrative plutôt qu’un alignement moral. Votre protagoniste peut être la personne la plus perverse de l’histoire et votre antagoniste le plus bienveillante. Ce que cela signifie vraiment, c’est que chaque protagoniste va mettre des obstacles sur le chemin de l’autre. Ces histoires sont souvent idéales pour explorer des thèmes moralement compliqués. Ils sont également habituels dans les romans où le conflit central est relationnel.

 

  1. Protagoniste contre antagoniste

Enfin, nous avons la configuration classique du protagoniste contre l’antagoniste. Dans ce type de récit, le protagoniste représente la ligne structurelle et le personnage avec lequel le public est censé s’identifier. L’antagoniste est la personne qui s’oppose au protagoniste après que leurs objectifs sont entrés en conflit. Le protagoniste est celui qui, pour quelque raison que ce soit, décide qu’il doit réagir à l’antagoniste. Soit pour empêcher l’antagoniste de faire quelque chose, soit parce que l’antagoniste est celui qui essaie de l’arrêter.

L’arc narratif de l’antagoniste

Les 3 principaux types d’histoire et comment choisir le bon arc antagoniste pour chacun

 

Je parlerais dans un autre article de l’intrigue en tant que grande métaphore du thème, mais cela ne fonctionne que si l’antagoniste est correctement aligné dans le thème ainsi que dans l’intrigue. Vous pouvez considérer votre antagoniste comme l’intrigue parce qu’il crée les obstacles aux objectifs du protagoniste. Il est ce qui crée le conflit et le conflit est l’intrigue.

Tout cela s’aligne donc naturellement avec le thème.

Ce que cela signifie, c’est que les motivations et les actions de votre antagoniste ne doivent pas seulement avoir un impact direct sur votre protagoniste dans l’intrigue, ils doivent également avoir un impact sur votre protagoniste dans le thème. Plus précisément, vous voulez que l’antagoniste présente un défi direct à l’orientation thématique de votre protagoniste.

Par exemple, si votre protagoniste représente ou en viendra à représenter la vérité thématique, alors votre antagoniste devrait être l’avatar thématique du mensonge, etc.

Dans mon roman « Les ombres d’Oakland », le thème est celui du droit à donner la mort. Toutes les actions des antagonistes font monter la tension et confrontent mon protagoniste à ce choix. Peut-il tuer une ordure de sang-froid ?

 

Personne dans l’histoire ne devrait avoir un plus grand impact sur l’évolution de votre protagoniste que votre antagoniste. Cela ne veut pas dire que l’antagoniste doit s’asseoir avec le protagoniste pour un débat idéologique ou existentiel (même si dans Heat la rencontre Deniro, Al Pacino est remarquable). Cela ne signifie même pas que les deux doivent être physiquement présents dans la même pièce. Mais tout cela est catalysé par les obstacles présentés par l’antagoniste.

 

Bien qu’il existe une myriade de variations d’arc de personnage que votre protagoniste pourrait emprunter, il est possible, je pense, de les regrouper en trois grandes catégories. Ces catégories, à leur tour, offriront des pistes sur le rôle que votre antagoniste devrait jouer à la fois dans l’intrigue de votre histoire et, en particulier, dans son thème.

 

  1. Si votre protagoniste suit un arc positif :

Dans une histoire avec un arc positif pour votre héros, celui-ci débutera l’histoire dans le mensonge. Son aventure le mènera à prendre conscience de la vérité thématique et à cheminer vers elle. Naturellement, il commencera par rejeter cette nouvelle vérité, empoisonné qu’il est par le mensonge.

En réponse, l’antagoniste adoptera souvent l’une des deux positions thématiques suivantes :

 

La première possibilité sera que l’antagoniste croit au mensonge et le représente. Le héros et lui auront le même objectif même si la finalité pour l’un et l’autre sera différente. Cependant, contrairement au protagoniste qui commence à entrevoir la vérité à travers le mensonge, l’antagoniste, lui, ne changera pas.

À la résolution de votre histoire, il représentera la quintessence du mensonge et sera probablement vaincu par la nouvelle vérité du héros.

 

La deuxième possibilité offre au contraire un antagoniste qui est dans la vérité et s’oppose au mensonge du protagoniste et aide le héros à reconnaître ses erreurs et sa vie dans le mensonge. Ce type d’antagoniste est souvent « moins mauvais » ou ambigu. Souvent, ce type d’antagoniste est un personnage avec un rapport émotionnel important avec le héros. Mais, même si l’antagoniste est dans la vérité il sera en conflit avec le héros qui devra vaincre le mensonge en lui.

 

  1. Si votre protagoniste suit un arc plat :

Dans une histoire avec un arc plat (pour rappel vous trouverez un article sur les arcs du personnage ici), le protagoniste ne change pas son point de vue thématique principal. Thématiquement, il représente la vérité (ou moins souvent, mais toujours tragiquement, le mensonge). En raison de son propre alignement sur le thème, il inspirera le changement à d’autres personnages importants de l’histoire. Il utilisera son alignement avec le thème pour faire avancer ses objectifs d’intrigue. Un arc plat est souvent celui utilisé dans les films de superhéros avant qu’ils présentent des personnages plus complexes.

 

Des histoires comme celle-ci, dans lesquelles le protagoniste ne change pas personnellement, présentent généralement l’argument thématique via des idéologies opposées. L’antagoniste sera généralement tout aussi prompt à représenter ses arguments à savoir le mensonge.

Dans ces histoires, il est possible pour l’antagoniste de subir un arc de changement positif ou négatif à la suite de l’interaction avec le protagoniste.

 

  1. Si votre protagoniste suit un arc de changement négatif :

Les arcs à changement négatif offrent plus de variations. Le protagoniste peut commencer dans une relation positive ou négative avec la vérité thématique. Comme dans une histoire à arc positif, il peut commencer par croire au mensonge – auquel cas il va soit croire à une vérité décevante, soit évoluer vers une version encore plus sombre du mensonge. Elle peut aussi commencer par croire en la vérité, pour tomber dans le mensonge. Songer par exemple à Anakin Skywalker dans Star Wars.

Dans ces types d’histoire, l’antagoniste peut représenter fermement la vérité, qui sera inutilement opposée au mensonge du protagoniste dans une bataille d’idéologies. Ou il représentera le mensonge et servira à séduire le protagoniste jusqu’à sa disparition ultime.

***

Tant dans la création de l’intrigue que dans la création du thème, vos deux personnages les plus importants seront toujours votre protagoniste et votre antagoniste. En déterminant comment choisir le bon antagoniste, celui dont les actions de l’intrigue sont motivées par une relation thématiquement appropriée à la vérité et au mensonge de l’histoire, vous garantissez presque un récit solide.

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