Joyeux-noel

Lettre dérobée à la correspondance de Gino !

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Voici une lettre qu’un de mes personnages, Gino Paradio, héros de L’échiquier d’Howard Gray, destinait à la poubelle. Vous pouvez la lire, mais ne lui dites rien hein ; je ne veux pas d’ennuis.

Caro Babbo Natale,

Au moment où je couche ces premières lettres sur le papier, je m’étonne. Je me demande ce qu’il s’est passé pour que j’en arrive là. Quiconque me connaît passerait de l’incrédulité aux larmes du fou rire s’il tombait sur une telle lettre. 

Le « pit » qui écrit au père Noël ça a tout de suite moins de mordant ! Mais quoi après tout ? Pourquoi moi ne pourrais-je pas participer de la bonhomie ambiante à la limite du ridicule pour me fendre de ma missive mielleuse ?

Je me demande ce que je pourrais bien te demander à toi, Père Noël, qui puisse satisfaire une âme aigrie comme la mienne. Rien de ce que tu pourrais déposer devant la cheminée que je n’ai pas ne saurait panser mes blessures. À moins qu’il ne s’agisse d’un voyage dans le temps et d’un bon kilo d’acier crachant le feu. Même toi tu ne le peux pas. Toi qui parcours en une nuit tous les foyers du monde. Exploit. Bon OK, tu évites soigneusement le tiers monde ce qui te laisse même le temps de vider les verres laissés à ton attention. Tu m’excuseras Père — d’ailleurs je ne sais pas bien comment je dois t’appeler, disons Père Noël dans le doute — tu m’excuseras donc Père Noël de ne pas te faire l’offense de te laisser un verre d’eau ou de jus de fruit. Ce n’est pas que je me refuse à te laisser une boisson plus revigorante et plus alcoolisée, mais vois-tu, je ne bois plus. Déconseillé, paraît-il. Depuis mes dernières aventures, tout le monde a peur que je me fasse sauter le caisson. Doit y avoir du vrai là-dedans. Passons.

Cependant, ça me ferait le plus grand bien que quelqu’un s’arrête pour tailler le bout de gras avec moi. Sans jugement, sans connaître mon passé. Je te renverrais l’ascenseur. Car après tout qui se soucie de toi ? Tu es là à faire le job sans rechigner, et à part un verre vide à descendre seul, quels égards avons-nous pour toi ?

Les hommes sont comme ça que veux-tu. Je vais te faire une confidence Père Noël, je ne crois plus en l’être humain. Et toi finalement tu as tout compris. Tu crois aux enfants et à la joie que tu leur procures quand leurs yeux s’illuminent en ouvrant tes paquets.

J’ai trouvé, je sais ce que je pourrais bien te demander, même si j’ai bien peur une fois encore que ce soit du domaine de l’impossible.

Refais de moi un enfant, à l’époque où je ressentais l’amour de ma mère, les bras rassurants de mon père et le sourire radieux de Celia, ma soeur. 

Quoi ? Après tout Noël approche et j’ai le droit de rêver que ta magie en sera capable non ?

Si la tâche est impossible je comprendrais et ne t’en voudrais pas Père Noël et tu auras bien des coeurs d’enfants à remplir de bonheur que de t’occuper d’un type comme moi. 

Si toutefois à la fin de ta tournée il te reste un peu de temps, essaie au moins de m’insuffler l’envie d’aller de l’avant. 

Tanti Auguri

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